CAP SUJETS
Les sujets du moment
Les questions qui pèsent sur la campagne : pour chacune, l'actualité en continu, des chiffres sourcés quand ils existent, et ce que les candidats en ont dit dans les débats.
Sujet 01
Guerre en Ukraine
Depuis l'invasion russe de février 2022, la France soutient l'Ukraine par des livraisons d'armes, de la formation, de l'aide humanitaire et financière, et par sa part du budget européen. Le gouvernement ne publie plus le détail de son aide depuis 2024 : les montants ci-dessous sont ceux de l'Institut de Kiel, qui fait référence, et des institutions européennes.
Aide bilatérale de la France · février 2022 – juin 2026
7,91 Md€↗
selon l'Institut de Kiel, dont l'essentiel en aide militaire : canons Caesar, avions Mirage 2000, formation des troupes.
- Aide militaire6,23 Md€ · 78,8 %
- Aide humanitaire876 M€ · 11,1 %
- Aide financière directe799 M€ · 10,1 %
Avec la part française de l'aide européenne
26,22 Md€↗
L'Institut de Kiel attribue à la France 18,31 Md€ de l'aide versée par l'Union européenne, selon sa part dans le budget européen, en plus de ses 7,91 Md€ d'aide directe.
- Aide directe de la France7,91 Md€ · 30,2 %
- Part française de l'aide de l'UE18,31 Md€ · 69,8 %
Environ 6 Md€ par an, rapportés aux moyennes 2022-2025↗
À l'échelle de l'Europe
Le prêt européen pour 2026 et 2027↗
90 Md€
financés par un emprunt de l'UE sur les marchés, à rembourser par l'Ukraine.
- Besoins de défense60 Md€ · 66,7 %
- Soutien macroéconomique30 Md€ · 33,3 %
Pour bien lire ces chiffres
- Le gouvernement ne publie plus le détail de son aide depuis 2024 : les montants de l'Institut de Kiel ne sont pas confirmés par le ministère des Armées, qui se refuse à avancer un chiffre.
- Une partie de ces montants sont des prêts, à rembourser, et non des dons : c'est le cas du prêt européen de 90 Md€ pour 2026 et 2027.
- Les 140 Md€ annoncés au sommet de l'OTAN de juillet 2026 sont un engagement collectif des Européens et du Canada (70 Md€ par an en 2026 et 2027), pas une somme que la France verserait seule.
Ce qu'en disent les candidats
Positions prises lors des débats suivis par le site, avec le moment exact de la vidéo.
- Jérôme Guedj
Juge que négocier avec Vladimir Poutine reviendrait à rendre possible une annexion de fait ; veut que l'Ukraine gagne et que la France continue de financer et de livrer des armes, dont des missiles Scalp.
- Ségolène Royal
Veut maintenir l'aide à l'Ukraine tout en faisant le même effort pour arrêter la guerre ; sa première initiative serait un lieu permanent de négociation avec les États-Unis, les Européens et ceux qui voudront s'y joindre.
- Raphaël Glucksmann
Poursuivrait et augmenterait l'aide à l'Ukraine, saisirait les 210 Md€ d'avoirs russes gelés et construirait une défense européenne souveraine.
- Olivier Faure
Partage l'inquiétude pour l'Ukraine ; juge qu'il n'y a aucune volonté de Vladimir Poutine d'ouvrir un dialogue de paix et veut confisquer les avoirs russes, comme celui-ci confisque des avoirs français.
- Emmanuel Maurel
Veut continuer d'aider l'Ukraine, maintenir les sanctions, saisir les avoirs russes gelés et renforcer la cyberdéfense ; plaide pour plus d'autonomie européenne face à Donald Trump.
- Olivier Faure
Juge « vaine » l'idée de Casques bleus préventifs en raison du veto russe au Conseil de sécurité ; défend la limitation du droit de veto en cas de crimes de masse.
Sujet 02
Budget 2027 et dette
Le budget de l'État pour 2027 se discute à l'automne, dans une Assemblée sans majorité. La dette et le déficit publics, mesurés par l'Insee, cadrent toutes les promesses de campagne.
Ce qu'en disent les candidats
Positions prises lors des débats suivis par le site, avec le moment exact de la vidéo.
- Jérôme Guedj
Veut réintroduire de la progressivité, baisser la TVA sur les produits de première nécessité et sur le logement, et faire des économies sur les dépenses sociales et de l'État sans pénaliser les plus fragiles.
- Ségolène Royal
Rétablirait en premier l'impôt de solidarité sur la fortune financière, baisserait les taxes sur l'essence (1,70 €) et la TVA sur l'énergie, et lutterait contre la fraude fiscale (plus de 100 Md€, selon elle) avec l'intelligence artificielle.
- Raphaël Glucksmann
Veut taxer les héritages de plus de 2 millions d'euros pour baisser la CSG sur les salaires (105 € de plus par mois pour un salaire de 1 700 €, selon lui).
- Olivier Faure
Juge le rétablissement de l'ISF financier insuffisant (3 Md€, selon lui) ; défend la remise en cause d'une partie des cadeaux fiscaux et la taxe Zucman (2 % au-delà de 100 millions d'euros de patrimoine).
- Emmanuel Maurel
Se méfie d'une « révolution fiscale » : veut supprimer des niches (465, selon lui) et des exonérations de cotisations, et défend un grand emprunt citoyen pour financer le mur d'investissement.
- Olivier Faure
Instaurerait la taxe Zucman, qu'il chiffre à environ 15 Md€, et veut mieux taxer les gros héritages ; reprend l'idée d'un grand emprunt citoyen, avec un déplafonnement du livret de développement durable.
Sujet 03
Gaza et le Proche-Orient
La guerre à Gaza et la situation en Cisjordanie divisent la gauche comme la droite : faut-il sanctionner le gouvernement israélien, suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, et quels mots employer ?
Ce qu'en disent les candidats
Positions prises lors des débats suivis par le site, avec le moment exact de la vidéo.
- Olivier Faure
Dénoncerait un « génocide » à Gaza, comme le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, en invoquant la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide.
- Raphaël Glucksmann
Refuse le mot « génocide » et s'en tient au crime contre l'humanité retenu par la CPI ; veut que Benyamin Netanyahou soit jugé, des sanctions contre les colons et la suspension de l'accord d'association UE-Israël.
- Jérôme Guedj
Dénonce les crimes de guerre et crimes contre l'humanité visés par la CPI, mais refuse le mot « génocide », qui participerait selon lui à la « nazification » de l'État d'Israël.
- Emmanuel Maurel
Défend la « position traditionnelle de la France » (reconnaissance d'un État palestinien, sécurité d'Israël) ; veut sanctionner le gouvernement israélien par l'accord d'association UE-Israël et condamner davantage la colonisation en Cisjordanie.
- Olivier Faure
Qualifie la situation à Gaza de génocide, veut suspendre l'accord d'association UE-Israël et interdire le commerce avec les colonies israéliennes.
- Jérôme Guedj
Refuse le mot « génocide », s'en tenant aux qualifications de crimes de guerre et crimes contre l'humanité retenues par la CPI ; met en garde contre les amalgames antisémites.
Sujet 04
Retraites
L'âge légal de départ, la pénibilité et le financement du système reviennent dans chaque débat de la campagne, entre partisans d'un retour à 62 ans, voire 60, et d'un report de l'âge.
Ce qu'en disent les candidats
Positions prises lors des débats suivis par le site, avec le moment exact de la vidéo.
- Jérôme Guedj
Veut une nouvelle réforme « juste et financée » sans âge légal « pivot » : départ selon la pénibilité de chaque métier, négociée par branche, et âge de la décote ramené à 66, voire 65 ans.
- Jérôme Guedj
Refuse que la capitalisation individuelle se substitue à la répartition ; défend une « capitalisation collective », un fonds souverain alimenté par la taxation de la robotisation, de l'intelligence artificielle et des plus-values.
- Ségolène Royal
Veut qu'on cesse de faire peur aux retraités, rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune et obtenir l'égalité salariale entre femmes et hommes avant de toucher aux pensions.
- Raphaël Glucksmann
Abrogerait la réforme de 2023 sans capitalisation ; juge impossible un retour à 60 ans et s'en tient à 62 ans, en prenant en compte la pénibilité.
- Olivier Faure
Abrogation immédiate de la réforme de 2023 et retour à 62 ans, qu'il conserve comme « butée » ; veut rapprocher l'âge du taux plein (67 ans) de cette borne, jusqu'à 65 ans pour les carrières hachées.
- Emmanuel Maurel
S'en tient aux 62 ans obtenus par la suspension de la réforme ; se dit totalement hostile à la capitalisation et juge le déficit des retraites peu important aujourd'hui.
Sujet 05
École et mouvement lycéen
La mobilisation des lycéens de l'automne 2026 a fait de l'école un thème central des débats de la primaire de la gauche : maintien de l'ordre, effectifs par classe, financement de l'enseignement privé.
Ce qu'en disent les candidats
Positions prises lors des débats suivis par le site, avec le moment exact de la vidéo.
- Ségolène Royal
Affirme qu'avec elle « il n'y aurait pas de mouvement social » ; rappelle avoir institué, lorsqu'elle présidait une région, un budget participatif où les lycéens votaient 10 % des investissements.
- Raphaël Glucksmann
Promet, dès son élection, une loi de programmation sur cinq ans pour l'éducation et la culture : rénovation du bâti, hausse du salaire des enseignants, baisse du nombre d'élèves par classe.
- Olivier Faure
Sera dans la rue mardi avec les lycéens ; recevrait les lycéens à l'Élysée, convoquerait des états généraux lycéens académie par académie et un plan de rénovation, avec 19 élèves par classe dans les lycées dotés comme l'éducation prioritaire.
- Emmanuel Maurel
Veut abroger Parcoursup et supprimer la réforme du lycée de 2019, qui crée selon lui 286 combinaisons de spécialités.
- Emmanuel Maurel
Veut que l'argent public aille prioritairement, et à terme exclusivement, à l'enseignement public.
- Olivier Faure
Propose de profiter de la baisse du nombre d'élèves (1,7 million en moins en dix ans, selon lui) pour descendre à 19 élèves par classe, d'assurer la mixité scolaire et de créer un « capital républicain » versé à chaque enfant à la naissance.
Sujet 06
Prix des carburants
La hausse des prix à la pompe a ouvert un débat entre baisse générale des taxes, plafonnement des marges des groupes pétroliers et aides ciblées sur les ménages qui dépendent de leur voiture.
Ce qu'en disent les candidats
Positions prises lors des débats suivis par le site, avec le moment exact de la vidéo.
- Jérôme Guedj
Juge le nucléaire incontournable, les renouvelables irremplaçables et la sobriété nécessaire ; veut sortir de la tarification européenne de l'électricité et une voiture électrique à 10 000 ou 15 000 € produite en France ou en Europe.
- Ségolène Royal
Rappelle que sa loi de transition énergétique a refusé de planifier la fermeture des 58 réacteurs : elle n'avait prévu que celle de Fessenheim, à condition de ne pas baisser la capacité nucléaire (63,2 GW) ; veut des économies d'énergie et l'électrification.
- Raphaël Glucksmann
Veut couper les « laisses » technologique, industrielle et énergétique : nucléaire et renouvelables, et un leasing social pour les voitures électriques (8 Md€, selon lui).
- Olivier Faure
« Le nucléaire autant que nécessaire, les renouvelables autant qu'il est possible » : le nucléaire serait une énergie de transition, à cause de la dépendance à l'uranium importé.
- Emmanuel Maurel
Veut sortir de la dépendance aux hydrocarbures par l'électrification, avec le nucléaire (dont les réacteurs à neutrons rapides) et la baisse de la TVA sur l'électricité.
- Olivier Faure
Propose de libérer une partie des stocks stratégiques, d'agir sur les marges des producteurs et des raffineurs et de créer une « prime carburant » versée par les employeurs, défiscalisée et exonérée de cotisations.
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Sources
- franceinfo, Combien coûte l'aide de la France à l'Ukraine ?, 28 septembre 2026 (données de l'Institut de Kiel)franceinfo.fr
- Institut de Kiel pour l'économie mondiale, Ukraine Support Trackerkielinstitut.de
- Institut de Kiel, Military aid holds steady as focus shifts to drones (données jusqu'en avril 2026)kielinstitut.de
- Service européen pour l'action extérieure, EU Solidarity with Ukraine, fiche de juin 2026eeas.europa.eu
- France 24, La France ne va pas verser, seule, 140 milliards d'euros à l'Ukraine, 21 août 2026france24.com